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Chéroy

La mémoire de la commune

Chéroy est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Caroissiens.

Au fil de l’histoire

En 1120, Salon, vicomte de Sens, possesseur d'immenses domaines, fit don aux religieux de l'abbaye de Saint-Jean-lès-Sens des villages de Chéroy, Brannay, Lixy et Voulx.

En juin 1155, une assemblée importante réunit de nombreux personnages de premier plan du royaume à Soissons. Elle décide d'autoriser le roi Louis VII à intervenir directement lorsque la paix intérieure est menacée : ainsi, la Paix de Dieu (> Evolution du mouvement ; Paix de l'Eglise, organisée par des conciles et synodes) devient une Paix du roi. Pour la première fois, le souverain est fondé à mettre au pas un puissant qui ne respecte pas l’Église ou la population civile. Immédiatement, dans le Sénonais, Louis VII met en œuvre deux mesures : l'expédition militaire (contre le comte de Nevers molestant l'abbé de Vézelay) et la fiction de la présence royale (par le biais du pariage). Le pariage est un contrat d'association liant un propriétaire préexistant menacé de fait par son voisinage, et un puissant personnage (un seigneur, un comte ou le roi). En échange du partage des profits, l'associé protège les lieux. Le fait que les pariages du Sénonais soient institués à mi-gain dit assez le désespoir des propriétaires initiaux acceptant la perte de la moitié de leurs revenus.

Ne pouvant remédier au brigandage qui sévissait, Gilbert, abbé de St-Jean, fit appel, en 1155, au bras séculier du roi de France Louis VII pour rétablir et maintenir l'ordre (cf. Annuaire historique de l'Yonne, t. XXV, 1862, p. 108). Chéroy se trouva alors en pariage entre ces deux grands seigneurs. Il est le plus ancien pariage royal.

Les largesses royales envers les léproseries comme l'octroi de chartes ouvrant droit aux foires assurèrent au village une prospérité qui perdura plusieurs siècles, jusqu'à la guerre de Cent Ans, où le bourg de Chéroy a subi de nombreuses déprédations relatives à l'occupation anglaise comme à la résistance des places fortes de Dollot et Vallery.

Par la suite, d'autres pariages sont conclus aux environs : Flagy, Lorrez-le-Bocage, Dollot, Lixy, Voulx, Pont-sur-Yonne, Granges-le-Bocage. Les pariages de Dixmont et de Thorigny seront dissous rapidement. Sous Blanche de Castille, la politique centrale vise à émietter les grandes prévôtés qui rendent la Couronne trop dépendante des oligarchies financières. Des prévôtés plus modestes sont instituées dans tous les pariages. Un prévôt royal, fermier de son état, prend place à Chéroy. La Couronne prend l'habitude de confier aux reines douairières la gestion des pariages du Gâtinais durant tout le XIVe siècle. En 1404, cette politique est interrompue : l'ensemble des pariages est inclus dans le duché de Nemours, érigé pour l'occasion.

Plus récemment à la Révolution française, la commune était en rivalité, avec Saint-Valérien, et ceci afin d'obtenir le titre de chef-lieu de canton. Finalement Chéroy l'emporte, on la préfère à l'autre commune car plus peuplée, bien que moins centrée géographiquement parlant.

Au XIXe siècle, une ligne de chemin de fer traversait la commune. La gare de Chéroy était d'ailleurs reconnue pour son architecture remarquable. La ligne de chemin de fer, faute de recettes suffisantes cessa de fonctionner dans les années 1950.

Les origines du nom

Le nom de la localité est attesté sous les formes Chesiacus (1155) ; Cheseium (1190) ; Chereyum (1695).

La forme originale Chesiacus serait issue d’un plus ancien casetum (cas-etum, forme suffixée de casa) avec un sens collectif désignant un « ensemble de petites maisons », un « hameau ». Le latin casa, comportant une idée de couverture, d’abri, a d’abord désigné en latin classique la « cabane », la construction rudimentaire ; il remplacera le latin domus, avant d’être éliminé à son tour par « maison », mais il survit dans la préposition « chez ».

Un patrimoine à découvrir

L'église de l'Assomption de Chéroy abrite un tableau du XVIe siècle, L'adoration des bergers, une statue en bois de la fin du XVIIe siecle, un monument au mort en platre représentant une mere pleurant son fils réaliser en 1899 par Emile Guillaume (1867-1954), ainsi que deux autels du XVIIIe siècle; tous sont recensés aux objets des Monuments historiques sur notice de 1992.

Il existe une grange dîmière au nord de Chéroy, l'un des quelques lieux notables de la commune.

Le monument aux morts de la Première Guerre mondiale de Chéroy aurait suscité la polémique lors de son apparition : sur celui-ci se trouve une statue de La Délivrance représentant une femme nue, les bras ouverts, brandissant une épée. Son auteur est le sculpteur Emile Guillaume (1867-1954).

Des vies liées à la commune

Louis Puteaux (1780-19 avril 1864), promoteur parisien et conseiller municipal du village des Batignolles, dont il fut l’un des fondateurs (cf. Projet Puteaux, 1848, Paris, imp. Léautey).

François Leloup de Cheron (1807-), plus connu sous le pseudonyme de Leupol. Né à Chéroy, il est un savant indianiste, auteur, avec Émile-Louis Burnouf, d'un bon Dictionnaire sanscrit-français. Le plus important de ses travaux est le Dictionnaire sanscrit, 1863-1865, avec la transcription en caractères français.

André Boulanger (1886-1958), né et inhumé à Chéroy, professeur de langue et littérature latines à la Sorbonne.

Hippolyte Rossignol (1837-1919), vétérinaire, s'y maria en 1865

Regis Rappailles (1978-), candidat sur Koh Lanta « l’Ile des Héros » en 2020, demi finaliste

Émile Guillaume (1867-1954), sculpteur et statuaire, auteur du monument aux morts de la commune de Chéroy (Statue de la Délivrance) et de la Mater Dolorosa se trouvant à l'intérieur de l'église. En 1924, le sculpteur a reçu la médaille d'or du Salon des Artistes français pour la statue de la Délivrance.

Le paysage et le village

Chéroy est une commune située dans le nord-ouest du département de l'Yonne, limitrophe de la région Île-de-France. Le village est traversé par une rivière : le Lunain. Chéroy est une des communes appartenant au Gâtinais en Bourgogne.

La commune dispose de plusieurs hameaux, qui lui sont rattachés. Il s'agit des lieux-dits de : la Chabouillerie, les Morteaux, les Pinçonnières et les Bedets.

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